On a gagné, on a gagné, on a un champion en Spitfire

 


Jeudi, 1er jour : les vacances.

 

Il y a une forêt de Spitfire sur la plage. Le  Président Gaël s’est démené tout azimut pour que le quota fatidique des 15 bateaux soit atteint. Il a même fait de l’excès de zèle : nous sommes 16 ! Matinée très technique avec un question cruciale : le gréement,  il faut le tendre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ?

 

Un vent soutenu et en rafale, comme souvent sur les plans d’eau intérieurs, nous accompagne sur cette journée. Et il y a d’autres différences avec les plans d’eau « extérieurs » : pas de sel dans les yeux, de la verdure tout autour ! Si on s’endort sur un bord, on butte toujours sur la plage.

 

Première manche : de rafales en rafales et après deux remontées au vent entrecoupées d’un bord de portant (of course), nous sommes en troisième position derrière Fred – Guillaume et Nono – Vladimir. Nous avons un peu de marge (juste un peu mais quand même) par rapport aux poursuivants. La très belle abattée sur une patte que nous effectuons à la fin du dogleg se termine à quatre pattes dans l’eau. Toute la flotte regarde nos dessous au passage de la bouée. Et elle passe vite, la flotte. Les bateaux ont franchi la ligne d’arrivée lorsque le mat est de nouveau vers le haut. Notre bôme est pliée (la bôme est creuse sur le Spitfire pour être recyclée en longues vues). Nous rentrons donc directement à la plage sans repasser par la case départ. Ce qui ne facilite pas la rédaction de ce p… de compte rendu pour les deux premières manches courues ce jour là.

 

On nous a dit :

A la fin de la première manche, Nono et Vladimir qui étaient deuxième à la dernière porte ont soigneusement contournée la ligne d’arrivée. Jean Claude et Jean Philippe qui étaient en embuscade en profitent pour signer une deuxième place.

Le bateau rouge de Gaël et Sandrine se place troisième et puis Nono se décide à franchir la ligne.

La deuxième manche : le classement disponible sur le site FFV annonce le bateau gris (gris comme tous ceux de Brest, Lorient ou Toulon) refait premier. Le bateau rouge (comme le Bordeaux mais pas tous) est deuxième. Ca donne le futur classement général … mais maintenons le suspens.

Philippe et Lionel terminent troisièmes et sont donc troisième ex aequo avec Jean Claude et Jean Philippe : tout le sud brille (sauf nous). Nono et Vladimir s’abonnent à la quatrième place devant Didier et Thierry qui ont poussé à fond leur pirogue à balancier qui se sentira fatiguée pour la suite du championnat.

 

On a vu :

Nous pouvons vous racontez tout ce qui s’est passé sur la plage : nous n’y étions pas très seuls. Des spitfireux sages et respectueux des forces de la nature regardent les nuages défiler : il est pas chaud le sable ? Elle est pas bonne la bière ? Elle est pas belle la vie ? …

Oh la ! Yves, je pense que la bière était trop bonne, je te rappelle que nous avons changé la bôme sous la pluie ! Donc le sable n’était pas chaud ! CQFD !

 

 


Vendredi, 2ème jour : jour du poisson.

 

Les rafales sont moins en rafale. Nous sommes de nouveau sur ce parcours banane avec porte. Ce type de banane ne se trouve que sur les régates. Ma marchande de fruits et légumes n’a jamais de banane avec porte : c’est pour manger ce fruit unique que nous régatons.

Bon, c’est parti pour trois manches. Fred et Guillaume vont gagnés les trois manches. Nous pensions qu’ils s’ennuyaient tout seul devant : nous avons été les voir. Mais rapidement, ils nous ont fait comprendre ainsi qu’à toute la flotte qu’ils préféraient rester seul devant. OK, respect, faut pas les déranger.

Nous avons fait deuxième sur la manche 4 une manche pour rompre la monotonie du classement. Laurent et Alice se placent troisième à la dernière manche de la journée. Quant à Anne et Gautier, ils tournent dans le groupe de tête voire en tête du groupe de tête sur les manches 4 et 5.

 

Au soir de ce 2ème jour, le premier du classement général provisoire le restera. Idem pour le deuxième. Troisième (Philippe et Lionel) qui courent leur première rencontre nationale sur Spit, sont certain de conserver cette place si la météo ne permet plus de naviguer pour les deux journées à venir. Le droit de s’endormir avec de beaux rêves est un privilège incontesté du régatier.

Le bateau gris et le bateau rouge se démarquent. Parmi tous les blancs et le deuxième navire gris, rien n’est joué.

 

Sur les recommandations de Françoise et Jacques, appuyées par Thierry, un petit tour par le bar à vin s’impose pour ne pas repartir les mains vides : c’était la coupe ou le vin ! Notre choix est fait dès le deuxième jour.

Après cette mise en bouche, cap sur le repas de gala. Nous avons pu observer la faune voileuse : un ethnologue se régalerait.

La ligne d’arrivée de la soirée se trouve à la terrasse d’un bar à bière sur le port d’Hourtin. Et là, vous n’allez pas nous croire : le bateau de la police de la pêche est amarré à la place …. 22 !

 

 

Samedi, 3ème jour : y fait beau

 

Brume et pas de vent le matin. Ca permet à ceux qui doutent de leur réglage de modifier la tension du gréement, la tension des lattes, la pression des roues du chariot et la couleur du bout de barre d’écoute. Et la majorité des spitfireux se retrouvent sous un chêne en sapin pour refaire les navigations passées et échanger sur la mode  vestimentaire nautique de l’année. Nous avons même eu le temps de manger avant de partir sur l’eau : ça évite de mettre des miettes de pain sur le trampoline.

Brise thermique donc pour ce samedi. Malgré un vent modéré, le double trapèzes est possible et c’est mieux pour la communication interne qui se fait sans crier, un vrai bouche à oreille.

 

Lorsque les cinq minutes sont cornées, nous constatons que notre chrono est resté dans le coffre de la remorque : il va économiser ses piles. Au moins, nous ne vivrons pas les affres de la prise du top exact. Les départs sont pris en demandant aux autres bateaux « Combien qui reste », en écoutant les bip sonores des chronos des voisins et en partant quant toute la flotte décide de quitter le comité de course sans dire au revoir.

Au passage, nous les avons trouvé très bien les gens de notre comité de course : ligne de départ irréprochable, parcourt bien mouillé de dimension correcte, bon enchaînement des manches, souriant au passage d’un concurrent souriant. Et pourtant ils étaient un peu tassés à six sur leur petite embarcation typique du lac de Hourtin (c’est un lac et non un étang parce qu’on a vu un bateau représentant l’état français qui s’appelle  Police du lac). Merci à eux donc et merci également au comité de réclamation bien que les Spitfire l’aient mis en chômage technique.

 

Maintenant il faut parler des courses. Réveil de l’équipage Eric – Sylvain qui poussent la plaisanterie jusqu’à gagner une manche. Chacun des deux leaders du classement général a fait sa petite contre performance. Marc et Anne se font pousser des ailes sur les manches 7 et 8 avec une place de deux et une place de trois. Ça facilite la digestion des kilomètres qu’il a fallus avaler depuis la Belgique.

Marc et Claire ont bien le bateau en main sur la manche 6. Jacques et Françoise mettent plusieurs concurrents derrière à la manche 7 et terminent juste derrière Gilbert et Benoît. Nono – Vladimir nous refont une place de quatrième. Gilbert et Benoît passent le cap des dix sur la manche 8 pour faire 8ème. Logique.

Mais ce qui n’apparaît pas dans la litanie glaciale des chiffres, c’est que personne n’est déposé. Bien sûr il y a un premier détaché (d’où les traces de mousse sur le lac), mais derrière, chacun arrache sa place de haute lutte. Rien n’est gagné et tout est à perdre jusqu’à la ligne. Epuisant pour les nerfs. Pas le temps de se recoiffer pendant la manche.

 

Et pour se remettre les nerfs en forme, rien ne vaut …une petite bouffe

Tous les Spitfire se retrouvent donc autour d’une même table. Belle performance du personnel de Ty Mad qui ne s’est pas embrouillé dans nos commandes. Ils peuvent rejoindre le comité de course dans ce qui fait une bonne organisation de l’épreuve.

 

 

Dimanche, 4ème jour : la lutte finale

 

Brume et pas de vent le matin. Plus personne ne modifie la tension du gréement, la tension des lattes, la pression dans les roues du chariot : la preuve est faite que sans une erreur monstrueuse du genre partir sans le foc, le bidouillage ne change pas fondamentalement le résultat.

De nouveau une brise thermique et le double trap. est possible sans se faire peur ni se déchirer les muscles.

 

Sur la première manche du jour, Fred a passé la barre à Guillaume. C’est sympa pour Eric et Sylvain qui en profite pour gagner la manche. Nous passons Gaël et Sandrine au dernier croisement avant la ligne d’arrivée. Marc et Laurence sur le 009 passent plusieurs bouées dans le groupe de tête

Pour la dernière manche, Fred reprend la barre malgré son engagement pris la veille (à la fin du repas, OK) de laisser ce poste à son équipier.

Anne et Gautier sont présents dans le groupe de tête comme durant tout ce championnat et peuvent encore prétendre à une marche du podium. Nous aussi, Eric et Sylvain également. Mais elle est super étroite cette troisième marche : un seul équipage peut s’y tenir. Ce sera Eric et Sylvain.
Laurent et Alice font une belle dernière journée à l’image de la deuxième.

C’est fini.

 

Et la conclusion de tout ça ? En faut-il vraiment une ? Oui.

 

Frédéric Leger et Guillaume Bapst sont les sympathiques champions de France - catamaran open. Bravo.

 

L’indispensable anecdote du retour à la maison. Sur l’autoroute, une dépanneuse, une voiture, un Spitfire jouant au petit train. Mais ceci est une autre histoire…

 

Sylvie / Yves